Trois mille ans d’histoire du parfum mis en scène à Paris

Utilisé pour les rites funéraires avant Jésus-Christ, pour dissimuler les effluves malodorantes au Moyen-Age, devenu attribut du luxe et du plaisir de nos jours: le parfum est mis en scène dans un nouveau musée à Paris.

Dans un hôtel particulier en face de l’opéra Garnier, la maison familiale Fragonard, basée à Grasse, raconte le savoir-faire lié à cette ville de la Côte d’Azur, berceau de la parfumerie mondiale, inscrit en 2018 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Accompagnés d’un guide, les visiteurs vont découvrir un « orgue du parfumeur » avec ses 400 flacons destinés à créer des compositions et utilisée jusqu’au XXe siècle, essayeront de relier les odeurs aux fleurs dans un jeu olfactif.

Les « pomanders », ces réceptacles de métal précieux dans lesquels on mettait des éponges imbibées d’huile essentielle racontent le Moyen-Age: le parfum devient synonyme de paganisme pour l’Eglise, mais on lui prête toutefois le pouvoir de repousser les épidémies que l’eau apporte. Les hommes partis en croisades reviennent avec des épices rares et autres matières à odeur.

Les « vinaigres » dans les flacons sentaient très fort pour ramener à la conscience les femmes qui s’évanouissaient à cause des corsets trop serrés.

Un renversement s’opère au XVIIIe siècle: les parfums, plus subtils, ne sont plus là pour combattre les mauvaises odeurs du quotidien, mais pour faire plaisir.

Les modes de fabrications et les matières utilisées ont également beaucoup changé, pour le meilleur ou pour le pire.